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PRESSE

ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ

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Anne Douhaire, France Inter

La bande dessinée "Zaï zaï zaï zaï" de Fabcaro en scène au Pulp Festival 2018

La farce absurde de Fabcaro, critique de la société de consommation et du fonctionnement des médias prend vie au Pulp Festival à La Ferme du Buisson à Noisiel (77).
Une pièce caustique jouée par la compagnie du Théâtre de l’argument menée par Paul Moulin et Maïa Sandoz avec Blanche Gardin et Adèle Haenel.
La BD absurde et politique de Fabcaro parue en 2015 chez Six pieds sous terre, couronnée par plusieurs prix dont le Grand Prix de la critique ACBD, devient une pièce de théâtre.
Zai zai zai zai c’est l’histoire surréaliste de Fabrice, auteur de BD, qui a oublié sa carte de fidélité au moment du passage en caisse au supermarché, et se retrouve poursuivi par la gendarmerie... Sa fuite suscite un emballement médiatique sans précédent.
Une mise en scène minimaliste efficace
Sur la scène du Studio de La ferme du Buisson à Noisiel en banlieue parisienne au Pulp Festival en 2018 , une poignée de comédiens est alignée. Ils sont accoudés devant des micros, bougent peu. A leur gauche, des bruiteurs. La mise en scène, signée Paul Moulin (acteur et metteur en scène) est minimaliste, comme l’était le trait de Fabcaro dans le livre. La pièce ressemble à une fiction radiophonique, mais preuve de l’efficacité et de l’oralité présente dans la BD, cela fonctionne.
La pièce est très fidèle et on rit beaucoup de ces journalistes qui prennent l’antenne pour ne rien dire, mais sur le ton de l’urgence, des gendarmes qui digressent et en font des tonnes comme s’ils tenaient un dangereux terroriste, de la panique de Fabrice, de la chanson façon « band aid » des auteurs de BD en soutien à leurs collègues... Et de l’absurde de la situation.
C’est Blanche Gardin qui a offert la BD à la compagnie alors en création. Tout de suite ça a été le coup de foudre. Le livre a circulé dans les loges, et les comédiens ont vite eu envie de la jouer. Le résultat est saisissant...

Ève Beauvallet - Libération

«ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ», UNE BD CULTE TRÈS SONORE

Rencontre avec Maïa Sandoz, Blanche Gardin et Paul Moulin, respectivement adaptatrice, comédienne et metteur en scène de la bande dessinée de Fabcaro, muée sur scène en une fiction radiophonique désopilante.

Une déconnante chasse à l’homme interprétée en live et bruitée par huit comédiens complices.

Zaï zaï zaï zaï est un road-movie sur fond d’état d’urgence et de flambée sécuritaire. En gros, l’histoire absurdissime d’un dessinateur poursuivi pour avoir oublié sa carte de fidélité au supermarché, obligé de se rendre aux flics en chantant Mon Fils, Ma Bataille de Balavoine. En bref, une BD truffée de vannes suffisamment nulles pour avoir cartonné dans toute bonne librairie qui se respecte depuis sa parution en 2015 (éditions 6 Pieds sous terre). Si l’on avait pu cartographier les zones du pays où le bouquin de Fabcaro a été le plus vendu, prêté, annoté en deux ans, l’on aurait sans doute observé un pic d’activité autour du XXe arrondissement de Paris, entre Belleville et Jourdain plus exactement ; périmètre où se fédèrent la plupart des comédiens gravitant d’une manière ou d’une autre autour de la compagnie Théâtre de l’Argument, lesquels sont devenus en un temps record les meilleurs VRP du dessinateur, Blanche Gardin en tête. Cette dernière vantait d’ailleurs les mérites de Fabcaro dans l’émission Quotidien de Yann Barthès. Attablée dans un bar-tabac du quartier, elle écoute Maïa Sandoz (entre autres la metteure en scène de ses stand-up) et Paul Moulin décompter en chœur : «Zaï zaï…, on a dû chacun l’acheter plus de quinze fois en deux ans. C’est devenu le cadeau idéal, le truc que tu peux offrir les yeux fermés à Noël. C’est Blanche qui nous l’a fait découvrir - et depuis on s’est tous auto-offert des Fabcaro, en ressortant tout le temps les phrases cultes entre nous.»

Table ronde. Du coup, lorsque le Théâtre de Rungis a demandé à cette bande de copains quadras - hier aux rênes du squat artistique La Générale de Belleville, et aujourd’hui réunie derrière Maïa Sandoz pour candidater à la direction du Théâtre des Quartiers d’Ivry (Val-de-Marne) - d’inventer une petite forme légère, c’est tout naturellement qu’ils ont choisi d’adapter sur scène cette déconnante chasse à l’homme dont Blanche Gardin commente ainsi les signes particuliers : «Zaï zaï…, c’est l’impression d’être devant un autiste Asperger qui lirait le monde hyper littéralement. Il y a cette façon de souligner qu’on fait tous semblant de jouer le jeu mais que le monde moderne est tout à fait absurde, résume-t-elle. A qui il peut faire penser, Fabcaro ? J’en sais rien, moi… Raymond Devos ?» Un temps. «Ah non, non ! Rayez ça, il serait pas content du tout !»

Ce serait d’autant plus dommage que Fabcaro, en pleine explosion médiatique depuis la sortie de son roman-photo bidon cet hiver, Et si l’amour c’était aimer ? (lire son portrait dans Libération du 18 janvier), rencontrera pour la première fois l’équipe de comédiens ce samedi à la Ferme du Buisson (Seine-et-Marne), causera dans le cadre d’une table ronde et recevra sûrement quelques fleurs de ce style, signées Paul Moulin : «L’humour ravageur bien tapé, en Europe, y a Blanche, hein… Mais à part elle et lui, y en a pas beaucoup.»

Twist brillant. On parierait néanmoins que Fabcaro se pose actuellement, et comme tout le monde, la grande question : à moins de vouloir impérativement proposer une enfilade de mauvais sketchs dans un décor en carton-pâte, est-ce bien raisonnable de prétendre adapter sur scène une BD qui, avec ses quelques pages, ses dizaines de personnages, ses cases quasi identiques et son trait minimal, ses ellipses constantes et ruptures de ton, paraît en tout point inadaptable - ou pire, typiquement le genre d’œuvre dont n’importe quel fan considérerait comme un scandale suprême de vouloir l’adapter ? La réponse est clairement non. Sauf à trouver un twist brillant, comme ont su le faire Paul Moulin et Maïa Sandoz : non pas mettre en scène la BD de façon naturaliste, mais en faire une fiction radiophonique fabriquée à vue, avec un bruiteur et une perche son, quelques micros et une cinquantaine de personnages incarnés par huit (excellents) comédiens : Aymeric Demarigny, Blanche Gardin, Adèle Haenel, Cyrille Labbé, Aurélie Verillon, Elisa Bourreau, Maxime Coggio et Christophe Danvin. «Pour retranscrire toute la folie de la BD, reprend Paul, à la mise en scène, le faire au son nous a paru plus fantaisiste.»

Quiconque a déjà vu des acteurs en plein exercice de doublage ou de création vocale s’est sûrement fait la remarque : c’est théâtralement magnifique de voir des comédiens quasi statiques devant leurs micros inventer les timbres les plus impromptus, de les voir se tordre le visage pour condenser l’énergie d’un personnage dans sa seule voix. De les voir glisser entre incarnation et désincarnation, entrer et sortir du jeu sans que l’on ait seulement repéré où était la porte. On en a fait des reportages et des documentaires, plus rarement des spectacles. Et c’est bien ce genre de plaisir que nous procure ce Zaï zaï… théâtral, «celui de voir la technique à l’œuvre», précise Maïa Sandoz, celui de «toucher en quelque sorte à ce que dit Diderot dans le Paradoxe du comédien», souligne Blanche Gardin, celle qui présente sûrement ici la palette de jeu la plus extensible, partant de la caissière de supermarché pour finir sur le flic négociateur en passant par l’enfant ou le vieux routier. «Pouvoir jouer 10 000 personnages en quelques minutes, et tout ça sans bouger ou presque, t’as vraiment l’impression d’être à l’HP. Et ce que ça procure chez le spectateur, c’est sûrement la sensation de voir des pantins.» Celle aussi de ressentir une émotion rare et primaire, celle du pur plaisir à jouer ensemble - sans doute la rançon de ce qui lie tous ces acteurs depuis des années et qu’ils brandissent comme une «politique de l’amitié».

Ève Beauvallet

L'abattage rituel de gorge Mastromas

Jean-Pierre Thibaudat- Blog du Balagan

"(...) A travers sa pièce « L’abattage rituel de Gorge Mastromas », Dennis Kelly fait le portrait à facettes d’un gars timoré devenu magnat du libéralisme. Un beau travail signé Maïa Sandoz avec une équipe d’acteurs qui jouent collectif...

La pièce est admirable mais la façon dont elle est mise en scène et jouée l’est tout autant. Car c’est un travail d’équipe, où le décor (Catherine Cosme) n’a pas pu être conçu sans la complicité des acteurs, où la musique (Christophe Danvin et Jean-François Domingues) live est complètement intégrée au jeu, où les acteurs s’épaulent, solidaires, pour défendre ensemble ce texte qui met le doigt sur tout ce qu’ils détestent et qui les entoure, comme il nous entoure.

(...) La compagnie de Maïa Sandoz et Paul Moulin, le Théâtre de l’Argument, est aujourd’hui en résidence pour trois saisons au Théâtre de Rungis. Ses visées : « un théâtre d’acteurs rivés aux écritures contemporaines », au service de « dramaturgies exigeantes, radicales et effarantes » tout en mettant en avant « un théâtre de proximité (physique, politique, émotionnel) ». En créant L’Abattage rituel de Georg Mastromas au Studio-Théâtre d’Alforville, le Théâtre de l’Argument ne se trompe ni de pièce ni d’adresse."

 

Armelle Héliot-Le Figaro

"Dans le cadre des Rencontres Charles-Dullin, la metteuse en scène présente un spectacle aussi original que jubilatoire, une pièce du Britannique Dennis Kelly qui raconte le parcours d'un homme que l'on suit de sa conception à son âge adulte, de l’innocence au cynisme. Huit comédiens, parmi lesquels Adèle Haenel, s'en donnent à coeur-joie. En quelques années, Maïa Sandoz s'est imposée comme l'une des personnalités les plus intéressantes dans la relève de la mise en scène.

Comédienne, notamment formée à l'école du TNB-Rennes, elle a joué sous la direction d'un grand nombre de metteurs en scène avant de fonder en 2006, avec Paul Moulin, la compagnie l'Argument.Elle met en scène. Nous n'avons pas vu tous ses travaux, mais chaque fois elle frappe par la force d'une vision, des décisions esthétiques, des décisions de jeu, une direction d'acteurs tout à fait puissantes et originales.

(...) On n'a pas trop envie de détailler la manière, le régime de ce récit haletant, pas plus que les trouvailles de Maïa Sandoz qui introduit des ruptures supplémentaires, des bouffées burlesques encore plus puissantes que celle de l'écriture et ne lâche jamais le fil cruel de la narration. Les comédiens, galvanisés, sont excellentissimes.

(...) Si vous n'aviez qu'une seule soirée pour le théâtre ces jours-ci, c'est à cette bizarre et enthousiasmante entreprise qu'il faudrait donner la préférence. On y dénonce les dérives morbides de la fascination pour la réussite matérielle dans une société ultra-libérale, mais on y fait surtout un théâtre de notre temps. Un théâtre d'aujourd'hui dans le fond comme dans la forme. Rare, si rare !

 

La Trilogie

 

 

« En montant ensemble ces trois pièces, Maïa Sandoz montre bien la nature retorse de l’univers de Mayenburg et, mieux, chaque pièce bonifie la suivante et celle qui précède. Le spectacle doit beaucoup à ce qui est le nerf de la guerre de ce type de théâtre : les acteurs. Et à l’accompagnement musical délicat de Christophe Danvin »

Jean-Pierre Thibaudat- Rue 89

 

« La mise en scène, au sens concret du terme (les acteurs déplacent le matériel à vue), l’occupation de l’espace, le travail de son : tout cela est impeccable. Le jeu des comédiens est un pur régal : eux aussi savent, d’un coup de pouce, d’un coup d’épingle, changer de personnage, d’humeur, glisser de l’un à l’autre au service de la clarté du propos. Avec ce petit quelque chose de plus, ce trait à peine souligné, qui fait rire. On nous dit que ce spectacle dure trois heures (avec un entracte et de très bons cakes à la carotte) ? Incroyable, il dure juste le temps de le savourer, tant l’économie en est juste et précise. »

Christine Friedel- Théâtre du blog

 

C’est hautement jubilatoire. Les acteurs s’en donnent à cœur joie. Et dans l’absurde des situations incongrues qui s’accumulent, de plus en plus dingues (ah, la sodomie de l’élan…), des personnages de plus en plus étranges et barrés, voire franchement inquiétants, ils sont d’un naturel désarmant. Ce qui en rajoute à cette impression de perplexité qui ne nous lâchent guère, curieux de savoir où tout cela mène…

 Dennis Sanglard- Un Fauteuil Pour L’orchestre

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LE MOCHE

 

« N’en disons pas plus: la radicalité de Mayenburg et sa férocité narquoise sont portées par des comédiens aériens, tel Paul Moulin dans le rôle titre…. »

Armelle Héliot-Le Figaro

 

« C’est d’une grande finesse, très enlevé, avec des scènes cocasses et d’autres plus émouvantes, comme celle où Lette, en pleine confusion mentale, dialogue avec son double dans un miroir.

Voilà du théâtre fort, passionnant et profondément jubilatoire. »

Nicole Bourbon-Reg’arts

 

La direction d’acteur est exemplaire pour l’interprétation de partitions aux dialogues à la langue du quotidien, dépourvues de tout psychologisme mais néanmoins sous-tendues de violence, dans un registre de jeu hybride incluant distanciation et expressionnisme grotesque.Ainsi, sans changement de costume ni de physionomie, naviguant entre plusieurs personnages/figures fonctionnant en miroir, les comédiens – Paul Moulin, Monsieur Lette, Serge Biavan, le chef d’entreprise et le chirurgien, Aurélie Vérillon, l’épouse, la maîtresse et la riche rombière mère castratrice, Adèle Haenel, le collègue et le fils névrosé – sont tous excellents dans cette fable édifiante.

Froggy Delight

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